
Vous l'aurez peut-être vu en direct, la cérémonie d'ouverture de ce 61ème Festival de Cannes fut fort agréable. Face à la magnifique introduction d'Edouard Baer, puissante, provocatrice et terriblement drôle, je n'ai pu m'empêcher de retranscrire ce petit discours si énorme, que revoici, pour notre plaisir:
"Good evening Ladies and Gentlemen!
My heart is full of love and emotion, my body is shaking of joy! Oh, oh!!! Cannes film festival!! May the dream… Enfin, à peu près ça, à peu près… Je suis d’origine française, d’éducation francophone. Je suis vraiment heureux d’être là, pour des raisons personnelles. Enfant, j’habitais de l’autre côté de la télévision, et je me souviens, j’étais stupéfait, moi le ch’ti, l’enfant du Nord, par le spectacle de cet étrange rituel venu du Sud qu’on appelle la montée des marches. Pour moi c’était ça le Festival de Cannes. Et je me demandais : mais où montent ces gens ? Où vont-ils ? Où vont les heureux du jour ? Où vont les cadors, les nantis ? Où vont les fiers, les arrogants ? Où vont les smokings ? Où vont les bijoux ? Où vont les coiffures laquées ? Où vont ces jambes interminables avec personne au bout ? Où vont ces sourires sans dents, ces dents sans sourire ? Et toi, superbe nonagénaire au bras d’une enfant russe, où cours-tu ? Et toi, qui as laissé les clés de ton yacht au fond de la boîte à gants de ta Porsche, où vas-tu ? Où montent-ils tous ? Où montent les reines d’un soir ? Où montent les héros de quartier, les stars discrètes ? Et vers où se dirigent, vers quelle montée se dirigent les heureux possesseurs de cartes privilège Silver, Gold, Platinum, Jésus Christ ? Entrainant dans leur sillage des armées de caméras et micros aimantés par leur éclat, ils vont se perdre dans les sublimes labyrinthes imaginés par David Lynch… Ils vont entendre les clochards célestes d’Emir Kusturica hurler leur scandaleuse joie de vivre. Ils vont accompagner les héros foudroyés de Maurice Pialat sur la voie de la rédemption. Ils vont découvrir en larmes jusqu’où peut mener, filmée par Christian Mungiu, la dévotion et l’amitié d’une jeune femme roumaine, notre sœur dans l’ordre de la nuit.
Pour avoir kidnappé le grand fracas du monde au profit des beautés les plus singulières, Festival de Cannes, merci.
Voilà ! Bon, bah… Comme on dit dans le métier, ça c’est fait !"
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Et maintenant, au boulot Mister Penn! Et avec le sourire!

Si vous souhaitez revoir la cérémonie d'ouverture en vidéo, voici un lien:
Canal+ - Cérémonie d'ouverture - le 14 mai 2008